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    <title>Enseignement | Cédric Herpson</title>
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    <description>Enseignement</description>
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      <title>Enseignement</title>
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      <title>Enseignement supérieur, vers une guerre de territoire(s) ?</title>
      <link>https://herpsonc.perso.lip6.fr/fr/post/esr2026-ens/</link>
      <pubDate>Sun, 20 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate>
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      <description>&lt;p&gt;En 2050, du fait de la baisse de la natalité, les effectifs étudiants inscrits dans l&amp;rsquo;enseignement supérieur Français auront baissé de 22%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus précisément, le nombre de bacheliers entrant chaque année dans le supérieur va enfin se stabiliser puis baisser continuellement à partir de 2030 pour progressivement passer de ~685 000 aujourd&amp;rsquo;hui à ~530 000 en 2044.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;















&lt;figure  &gt;
  &lt;div class=&#34;d-flex justify-content-center&#34;&gt;
    &lt;div class=&#34;w-100&#34; &gt;&lt;img alt=&#34;Evolution du nombre de bacheliers en France sur la période 2004-20245&#34; srcset=&#34;
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  &lt;/div&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l&amp;rsquo;échelle de l&amp;rsquo;ensemble de l&amp;rsquo;enseignement supérieur, nous passerons ainsi de 3,158 millions d&amp;rsquo;inscrits en 2030 à ~2,46 millions en 2044. Cela représente prêt de 700 000 étudiants de moins, dont 278 000 pour les seules universités (40% des inscrits dans le supérieur). En comparaison, cela revient à fermer les universités de Lille, Aix-Marseille, Paris-Cité, Strasbourg et la moitié de Sorbonne-Université. Cela peut prêter à rire, mais si l&amp;rsquo;on part des universités les plus petites cela reviendrait à en fermer 22 (!) sur 66. Et quand on connait l&amp;rsquo;inclinaison de certains politiques à fermer les &amp;ldquo;petites&amp;rdquo; structures, le sourire risque de se faire rapidement plus grinçant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors bien sur, ce n&amp;rsquo;est pas sur ce seul critère que l&amp;rsquo;on ferme une université, les dimensions territoriales et socio-économiques jouent en complément du rayonnement scientifique.
Mais croyez-vous sincèrement que les établissements aujourd&amp;rsquo;hui les plus attractifs seront les plus impactés par cette baisse démographique ? Si rien n&amp;rsquo;est fait, à l&amp;rsquo;échelle de chaque territoire ces établissements vont continuer &amp;ndash; comme aujourd&amp;rsquo;hui &amp;ndash; d&amp;rsquo;aspirer les candidat(e)s; à la différence prêt qu&amp;rsquo;une fois pleins, il ne restera progressivement plus de candidats pour remplir les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id=&#34;de-ladéquation-des-politiques-publiques&#34;&gt;De l&amp;rsquo;adéquation des politiques publiques&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les réformes hautement discutables menées ces 20 dernières années visent à développer massivement le secteur privé (il représente aujourd&amp;rsquo;hui 1/4 des inscrits dans le supérieur), construire quelques grands établissements de &amp;ldquo;recherche intensive&amp;rdquo; allant de la licence au doctorat, et des &amp;ldquo;collèges universitaires&amp;rdquo; de niveau Bac+3 sur tout le territoire pour le reste. Sauf à fermer d&amp;rsquo;autorité certains établissements, la démographie va pousser l&amp;rsquo;écosystème à adopter un comportement inverse, soit une réduction de l&amp;rsquo;offre de BTS/BUT/Licence et un recentrage sur les formations de Master..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble ainsi peu probable que la raréfaction de la &amp;ldquo;ressource&amp;rdquo; étudiante couplée aux impératifs budgétaires pousse les établissements (publics comme privés) à investir dans leur offre de formation de premier cycle. Coté secteur privé, on rappelle que la qualité des formations offertes par de nombreux acteurs a déjà été épinglée à plusieurs reprises par le Sénat [2] et la Cour des comptes [3]. Lorsque les effectifs viendront à diminuer, la valse des fusion-acquisition parait dès-lors plus probable que l&amp;rsquo;investissement pédagogique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un regard vers l&amp;rsquo;international montre que l&amp;rsquo;on peut également s&amp;rsquo;attendre à voir croître le taux de formations dispensées en ligne. À quelle vitesse rejoindrons nous le Brésil, pays ou certaines zones géographiques ne disposent pas ou plus d&amp;rsquo;établissements pour accueillir les étudiant(e)s et ou l&amp;rsquo;enseignement à distance est devenu majoritaire ? (50,7% des inscrits en Licence en 2024) [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À l&amp;rsquo;heure des assises de l&amp;rsquo;ESR ce bref édito n&amp;rsquo;a ni la prétention ni l&amp;rsquo;objectif de présenter ce qu&amp;rsquo;il faudrait faire, mais plutôt de fournir quelques uns des éléments qui me semblent nécessaires pour évaluer la faisabilité des propositions qui seront faites pour refonder notre modèle sur sa dimension formation.&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;Qu&amp;rsquo;on le veuille ou non, le secteur privé représente aujourd&amp;rsquo;hui 25% des inscrits de l&amp;rsquo;enseignement supérieur. Un travail prospectif ne peut faire abstraction de ces acteurs (en tout cas de ceux qui travaillent sérieusement). Or, leur point de vue me semble jusqu&amp;rsquo;à présent relativement absent du débat. Si notre ambition est que les politiques aillent au delà du &lt;em&gt;cherry-picking&lt;/em&gt; dans les propositions que nous ferons, associer le secteur privé à la réflexion n&amp;rsquo;est pas une option.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Les dimensions territoriales et démographiques ne peuvent être ignorées si nous voulons vraiment dessiner un avenir souhaitable et viable (socialement, économiquement et scientifiquement) à horizon 20 ans, et toute proposition doit passer au tamis de cette réalité.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Si l&amp;rsquo;on ne fait rien, voilà en tout cas ce à quoi nous serons confrontés en formation : Asphyxie des &amp;ldquo;petits&amp;rdquo; établissements et des territoires non protégés par leur insularité ou leur attractivité historique, massification de l&amp;rsquo;EAD pour des raisons avant tout économiques et accroissement de la compétition entre acteurs de l&amp;rsquo;ESR au détriment d&amp;rsquo;une certaine vision de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À nous de montrer qu&amp;rsquo;une autre voie existe.&lt;/p&gt;
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